Préserver La Rochelle et son agglomération face aux défis climatiques et environnementaux

Nos limites, Face B, un territoire fragile

L’agglomération de La Rochelle est reconnue pour sa qualité de vie, ses espaces naturels, son patrimoine, sa vie culturelle et sportive… mais c’est aussi un territoire fragile dont il convient de prendre soin, afin d’en garantir la pérennité pour les générations futures et les autres occupants, non humains. Les initiatives foisonnent pour relever ces défis.

Un trait de côte menacé par la montée des eaux

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010 la tempête Xynthia ravageait le littoral atlantique, particulièrement de la Charente-Maritime et de la Vendée, tuant 53 personnes dont quatre habitants de l’agglomération de La Rochelle, et y submergeant 750 ha de terrains.

Cette catastrophe agit alors comme un révélateur de la vulnérabilité du territoire face à la montée des eaux, inéluctable dans les décennies à venir compte tenu du réchauffement climatique. Le rôle majeur des zones humides comme territoires « tampons » fut réaffirmé à cette occasion, ainsi que la nécessité de rendre inconstructible certaines zones trop exposées et difficilement protégeables.

Afin de limiter l’impact de prochains événements climatiques du même type un Programme d'Actions de Prévention des Inondations (PAPI) a été mis en œuvre depuis 2012, pour un investissement de 59,2 M€, afin de mettre en place un confortement et des réalisations de protections, des aménagements hydrauliques et des actions de sensibilisation et de prévention.

Plus largement et afin de lutter à son niveau pour limiter le réchauffement climatique, le territoire s’est lancé le défi d’atteindre la neutralité carbone dès 2040, soit dix ans avant l’objectif national, dans le cadre d’une démarche appelée « La Rochelle Territoire Zéro Carbone ». À cette occasion a notamment créé la « Coopérative Carbone » pour accompagner entreprises et associations à aller plus loin dans leurs actions.

Parmi les réalisations concrètes pour limiter les émissions de gaz à effet de serre localement, plusieurs forêts sont en cours de plantation par des collectifs de bénévoles dans des communes volontaires (projet « Forêts Bleues »)

Un usage des pesticides aux conséquences problématiques

Parallèlement au réchauffement climatique une autre menace pèse sur le territoire, celle des conséquences d’un usage intensif de pesticides sur les terres agricoles de l’Aunis, dédiées à la grande culture céréalière, et très souvent contiguës aux zones d’habitation. C’est ainsi qu’il a été constaté dans plusieurs communes une recrudescence des cancers pédiatriques ces dernières années, et les différentes études toxicologiques menées depuis confirment des taux anormalement élevés de molécules potentiellement cancérigènes, dont certaines issues de produits dont l’utilisation est interdite en France !
 

La nappe phréatique étant peu profonde sur le territoire ces pesticides se retrouvent également dans certains captages d’eau potable, qui de ce fait deviennent inutilisables, contribuant à renforcer la pénurie d’eau potable constatée en périodes de sécheresses prolongées, de plus en plus fréquentes.

Des collectifs d’habitants et des associations se mobilisent sur ce sujet, épaulés par les collectivités territoriales, afin d’objectiver précisément cette situation avec des données scientifiques robustes, et de proposer des pistes de solutions.

Parallèlement, de plus en plus d’agriculteurs bio investissent le territoire, afin de répondre à ce double enjeu de production locale qualitative et de réduction de l’utilisation de produits dangereux pour la santé et les écosystèmes. Pour répondre à cet objectif, un Projet Alimentaire de Territoire La Rochelle-Aunis-Ré a été mis en place, il vise à rendre notre système alimentaire plus durable, plus responsable, plus équitable et plus local.

À La Rochelle se loger devient un vrai défi

L’Agglomération de La Rochelle attire chaque année de nouveaux habitants, séduits par son cadre de vie entre océan, patrimoine et dynamisme économique. Mais cette attractivité a un revers : il devient de plus en plus difficile pour les Rochelais de se loger, notamment pour les jeunes et les familles.

Le manque de logements disponibles est l’une des causes principales. Le territoire est contraint par l’espace – entre mer, zones naturelles et pression foncière – ce qui limite la construction de nouveaux logements. En outre, une partie du parc immobilier est utilisée par les locations touristiques, via des plateformes comme Airbnb, ce qui contribue à réduire l’offre pour les habitants à l’année ou les étudiants.

La situation est particulièrement tendue dans le centre-ville, où les loyers grimpent. Résultat : les ménages sont contraints de chercher un logement en périphérie, loin de leur lieu de travail ou des services de proximité.

Face à ces difficultés, la Communauté d’Agglomération essaie de réagir : des logements sociaux sont construits chaque année, tout comme des programmes « abordables » pour les jeunes actifs ou les familles. Des projets d’éco-quartiers, comme celui de Bongraine à Aytré, visent aussi à créer des quartiers durables et accessibles, et une régulation est en cours de mise en place pour limiter le nombre de locations saisonnières dans les quartiers en tension, cœur de ville et quartier des Minimes.

Une biodiversité menacée

Comme dans le reste du monde la biodiversité est menacée localement par les pressions multiples dues aux activités humaines. Dans les zones humides et notamment le Marais poitevin les effectifs d’anguilles sont en chute libre, à tel point que la survie même de l’espèce est menacée. Les causes de ce déclin sont multiples : entrave à la libre circulation, pêche, disparition des zones humides, dégradation de l’habitat, etc.

Les nombreux marais du territoire, Yves, Pampin, Saint-Vivien… sont autant de zones refuges pour de nombreuses espèces, oiseaux migrateurs en particulier, mais aussi loutres par exemple. Ce sont également de précieux puits de carbones, sous réserve d’en maintenir le fonctionnement, l’écoulement des eaux… Ces espaces naturels ont eux aussi subi les pressions humaines ces dernières décennies, mais leur situation semble aller vers une amélioration, avec les efforts conjugués des collectivités, et d’associations comme la LPO notamment, qui gère les réserves naturelles.
 

Le Marais de Tasdon, poumon vert en cœur de ville

Il est à noter qu’en cœur de ville de La Rochelle même, une opération de « renaturation » a permis de remettre en fonctionnement le Marais de Tasdon.

Côté océan, la « Mer des Pertuis » voit également sa biodiversité subir les assauts croisés du réchauffement de ses eaux, d’une dégradation de leur qualité et de la pression halieutique, malgré une pêche locale issue très majoritairement de petites unités. Dans une zone maritime peu profonde où eau douce et eau salée se mélangent, la sensibilité des espèces est très forte, et les professionnels en adaptation permanente.
 

Là aussi de nombreuses initiatives visent à améliorer la situation, sans compter la présence de plusieurs zones protégées, Parc Naturel Marin de l’Estuaire de la Gironde, zones Natura 2000 Marais poitevin et Pertuis Charentais…

Quelques exemples : ici et

D’autres fragilités touchent le territoire, pour les touristes comme pour les habitants, par exemple la gestion des déchets, la préservation de la ressource en eau potable ou l’intégration des publics « en marge ». Au final que l’on soit l’habitant d’un jour ou de toujours chacune et chacun doit prendre sa part, pour que le vivre ensemble perdure dans une atmosphère apaisée dans tous les sens du terme.

Focus sur Écho Mer

Au cœur du port de La Rochelle, l’association Écho Mer œuvre depuis 2001 à la protection des océans en sensibilisant habitants et visiteurs à des gestes simples et en donnant une seconde vie aux déchets marins.

Son action s’articule autour de plusieurs volets : animations écocitoyennes, économie circulaire, sensibilisation aux pratiques responsables.

Envie d’en savoir plus ?

  • Écoutez le podcast de David Beaulieu dédié à Echo Mer.
  • Participez à une animation “épuise ton déchet” avec l’association

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Écrit par

Nicolas Martin