Julien Chauvet et Mathieu Planchenault
Chez nous, le trail se vit entre océan, canaux et marais
Aux confins de l’Atlantique et des terres du Poitou, La Rochelle, l’Aunis et le Marais poitevin composent un territoire où la nature offre un terrain de jeu exceptionnel pour le trail. Ici, les paysages changent à chaque foulée : chemins côtiers, plateaux céréaliers aux horizons ouverts, et labyrinthes d’eau au cœur de la « Venise Verte » composent une mosaïque idéale pour courir. Julien Chauvet, Photographe en charge de l'image de la Ville de La Rochelle, et Mathieu Planchenault, Chef du service Communal d’Hygiène et de Santé à la Mairie de La Rochelle, arpentent ce territoire baskets aux pieds depuis plusieurs années. Adeptes de trail, ils partagent avec nous leur rapport à la discipline, leurs habitudes d’entraînement et leur manière de courir “chez nous”.
Julien Chauvet et Mathieu Planchenault
Respectivement Photographe et Chef du Service Communal d’Hygiène et de Santé, à la Ville de La Rochelle.
Une découverte progressive, devenue évidence
Comment avez-vous découvert le trail ?
Julien Chauvet
J’ai commencé la course à pied sur route il y a dix ans, en 2015, après avoir arrêté de fumer. Le trail, je l’ai découvert en 2018 lors du Trail du Val de l’Autize, en Deux-Sèvres, sur un 12 km. Ce fut un vrai coup de cœur.
Mathieu Planchenault
De mon côté, j’ai débuté le trail en 2016. J’ai couru mon premier marathon à La Rochelle en 2017, puis je me suis lancé dans l’ultra-trail à partir de 2021.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous mettre au trail ?
Julien Chauvet
J’avais envie de casser la routine et la répétition des mouvements de la course sur route. Le trail, c’est une autre philosophie : on court, on marche, on grimpe, on sautille, et surtout, on est en pleine nature. La liberté du sentier, c’est magique.
Mathieu Planchenault
La reconnexion à la nature, mais aussi l’ambiance et les valeurs portées par la discipline. La convivialité, la solidarité, la fraternité, le dépassement de soi… tout cela résonne beaucoup chez moi. Le trail est aussi un terrain propice aux engagements solidaires. Lors de certaines courses, comme récemment à l’Urban Trail de La Rochelle, des associations sont mises en lumière. Je porte d’ailleurs souvent un t-shirt aux couleurs de l'association Les Emplaqués, qui agit pour sensibiliser au don de plaquettes, de plasma et de sang. Ce sont des causes essentielles, portées par des personnes engagées, ici même à La Rochelle. J’ai beaucoup d’admiration pour celles et ceux qui relèvent des défis sportifs pour lever des fonds ou faire avancer la recherche, et c’est une dimension du trail qui me parle profondément.
Quelle place le trail occupe-t-il dans votre vie aujourd’hui ?
Julien Chauvet
C’est devenu bien plus qu’un sport. En 2023, j’ai traversé un épuisement professionnel. Le trail, associé au repos et à un suivi médical, m’a aidé à retrouver de la sérénité. Courir est aujourd’hui une passion essentielle à mon équilibre physique et mental.
Mathieu Planchenault
C’est une passion, une révélation, un exutoire, un moyen de me connecter à qui je suis vraiment !


Courir “chez nous”, entre canaux, mer et marais
Quels sont vos parcours d’entraînement préférés autour de La Rochelle ?
Julien Chauvet
Mon spot incontournable, c’est le canal de Marans. Je pars souvent de Mouillepieds ou Dompierre, direction La Rochelle, en variant entre les sentiers sinueux en hauteur ou la piste pour aller plus vite. C’est mon terrain de jeu quotidien.
Mathieu Planchenault
Le canal de Rompsay pour les arbres et l’ambiance tôt le matin, la nuit. J’aime aussi le bord de mer à Aytré et Angoulins pour le paysage, les lumières aux levés et couchers de soleil, les oiseaux, le bruit des vagues sur les galets, l’odeur des embruns… J’apprécie aussi le lac de Villeneuve-les-salines et le Marais de Tasdon : un petit air de Marais poitevin tout près de la maison.
Quel est votre secret pour travailler le dénivelé sur un territoire plutôt plat ?
Julien Chauvet
Je fais le “hamster” au tunnel Saint-Léonard à Dompierre ou le long du canal. Les escaliers de mon bureau aident aussi, sans oublier quelques séances de squats. Et quand j’ai besoin de vrai dénivelé, je file à Mervent, où l’on peut vite cumuler 1 000 m de D+.
Mathieu Planchenault
Même recette : le tunnel du canal de Rompsay, les gradins du stade d’athlétisme d’Aytré et beaucoup de renforcement musculaire, notamment les squats.
Quels nouveaux itinéraires avez-vous envie d’explorer en trail ?
Julien Chauvet
Je pense avoir fait le tour des classiques, mais j’aime inventer des itinéraires. L’an dernier, j’ai relié Saint-Ouen-d’Aunis à Fouras en longeant le canal puis le bord de mer : 50 km de pur plaisir. Ce sont ces sorties improvisées et ces défis persos qui m’animent aussi.
Mathieu Planchenault
Cette année, j’ai relié La Rochelle à Coulonges-sur-l’Autize en passant par le canal de Rompsay et le Marais poitevin, soit 70 km. J’envisage un prochain itinéraire entre Aytré et Saint-Georges-de-Didonne, via Rochefort, les marais de Brouage, la Seudre et la côte sauvage. Un parcours d’environ 100 km.
Trail d’Oléron ou trail de la côte sauvage ?
Julien Chauvet
J’ai couru les deux. Oléron a une place spéciale, c’était mon premier ultra en 2025. 100km était une distance un peu folle pour moi il y a encore 2 ans. Je l’ai couru avec Mathieu, qui m’a accompagné, m'étant d'une aide précieuse pendant les 13h40 de course, alors qu’il aurait pu finir bien avant. Ce moment restera gravé ! Mais la Côte sauvage reste un coup de cœur, pour ses paysages et l’énergie qu’elle dégage à chaque fois. Et c'est un très bon spot pour préparer Oléron ou d'autres épreuves, car on y trouve du dénivelé !
Mathieu Planchenault
J’ai fait les deux, et plus encore ! Mais je vais dire le Trail d’Oléron car il est très chouette.

L’essentiel dans le sac
L'indispensable à avoir sur soi lorsque l'on fait du trail ?
Julien Chauvet
Dès que je pars pour plus de 15-20 km, je prends un sac de trail avec de l’eau, de la nourriture, une couverture de survie (depuis peu) et un téléphone. On ne sait jamais : une blessure, un coup de fatigue… Ça me rassure, et c’est toujours utile.
Mathieu Planchenault
De l’eau et de la nourriture car cela fait partie intégrante de l'entraînement. Sur les trails il y a d’ailleurs beaucoup d'abandons à cause de problèmes d’alimentation. Plus les années passent et plus j’ai envie et besoin d’aller vers le «minimalisme ».
Mathieu et Julien nous partagent
Leurs parcours favoris
Parce que le trail se vit aussi dans le partage, Julien Chauvet et Mathieu Planchenault ont accepté de nous ouvrir leurs carnets de sortie. Trois itinéraires qu’ils pratiquent régulièrement, imaginés au fil de leurs entraînements, entre canaux, marais et littoral.
Thématique

Écrit par
Julia Tourneur


