François et Benoit Durivaud

Moules Brothers, mytiliculteurs depuis 5 générations

Entre Charron et Chef de Baie à La Rochelle, les deux frères François et Benoit Durivaud représentent la 5ᵉ génération de mytiliculteurs DURIVAUD. En quoi consiste leur métier ? Ils sont éleveurs et producteurs de moules de bouchot et de filière dans le pertuis Charentais et la Baie de l’Aiguillon. Dans le respect des traditions, ces deux passionnés perpétuent les gestes ancestraux tout en les adaptant aux nouvelles technologies. Rencontre avec ces deux gardiens de la mer, Les Moules Brothers, qui vivent cet héritage familial comme une passion. Vous ne mangerez plus les moules de la même manière !

François & Benoit Durivaud

Mytiliculteurs

    Mytiliculteur

    Bien plus qu’un métier, une passion et une transmission familiale

    🗨️ Lorsque Henri DURIVAUD, notre arrière-grand-père, piquait ses premiers pieux de bouchots dans la Baie de l'aiguillon, il ne s'imaginait pas que 100 ans plus tard, sa passion serait toujours intacte !

    5ème génération de mytiliculteurs, ce n’est pas rien ! Racontez-nous votre histoire ?

    Benoit : « Avec François, nous avons démarré ensemble en 1998 sur le Port de Pêche de Chef de Baie à La Rochelle. Nous y avions un bateau mytilicole stationné et nous vendions nos moules en gros à la sortie du bateau.

    Puis en 2001, nous avons quitté Chef de Baie pour nous installer dans un bâtiment à Marsilly.

    Mais quelques années plus tard, en 2012, le destin nous a rappelé aux sources, à Chef de Baie. Nous avons eu l’opportunité de partager une case avec Morin, un autre mytiliculteur.

    Et en 2017, alors qu’un chai d’armement venait de se libérer à Chef de Baie, nous avons créé les Moules Brothers : un lieu de dégustation et point de vente directe de moules, huîtres et autres coquillages, qui représente encore aujourd’hui une activité en prolongement de la récolte de nos moules. »
     

    Où vos moules sont-elles élevées précisément ?

    Benoît : « Nous avons deux appellations pour nos moules de bouchots qui correspondent à leur lieu d’élevage : entre l’Ile de Ré et les côtes vendéennes pour l’appellation CHARRON ; Dans la baie d’Yves et Fouras pour la FORT BOYARD. Si ces deux produits sont similaires par leur mode d’élevage, tant au niveau du goût primeur que de leur belle apparence, la CHARRON se différencie par sa coquille d’un noir profond qui est plutôt légèrement jaune-irisée pour la FORT BOYARD. »

    En quoi consiste la technique du bouchot ?

    Benoît : « La récolte des moules de bouchot est très saisonnière, mais on a une technique et des étapes précises à respecter tout au long de l’année.

    Il y a d’abord le captage, moment où les larves se fixent sur des cordes de fibre naturelle (coco) installées en mer vers mars-avril. En juillet, ces cordes garnies de jeunes moules (naissains) sont coupées en tronçons puis enroulées autour des pieux de bouchot, qui viennent d’être récoltés après une année d’élevage. En se développant, le naissain recouvre le pieu comme un épais manchon. Celui de la couche supérieure grossit plus vite que celui situé près du pieu.

    Lorsque les pieux deviennent fortement chargés, nous récoltons ce naissain afin d’éviter que des grappes ne soit emportées par la mer lors de fortes houles, mais aussi pour maitriser la densité de moules sur le pieu.

    On effectue alors l’opération du « boudinage » : les jeunes moules (nouvelains) sont introduites dans un filet-tube. Le boudin est ensuite entouré autour du pieu. Les moules sortent du filet et se fixent, les plus fortes se développant à l’extérieur du pieu. Il faudra éclaircir de nouveau les pieux jusqu’au développement de tous les individus.

    Le développement des moules a lieu pendant l'hiver et le printemps suivants.

    Les algues sont enlevées régulièrement et les invasions de prédateurs surveillées.

    Après un an sur le bouchot, les moules sont cueillies mécaniquement sur le bateau pour être lavées, triées et conditionnées pour l'expédition et la vente. Nos ateliers flottants disposent de l’agrément sanitaire européen pour expédier les coquillages sitôt la récolte : fraîcheur optimale garantie !

    Les tempêtes éliminent naturellement les pieux usagés. Chaque hiver, nous remplaçons les pieux manquants pour maintenir un nombre de 100 pieux par bouchot de 50 mètres. Nous effectuons un trou dans le sable avec une lance à eau, puis le pieu est descendu le long de la lance. L’opération terminée, la lance est retirée, le sable reprend sa place.
     

    Vous cultivez aussi des moules de corde, qu’est-ce qui les différencie des moules de bouchot ?

    Benoît : « En comparaison à la moule de bouchot, la moule de corde est élevée en pleine mer et reste en permanence sous l’eau. De ce fait, elle se nourrit sans interruption et se développe plus rapidement. Elle présente aussi une coquille noire aux reflets jaune et bleu et elle est de taille légèrement supérieure (environ 6 cm) avec une couleur de chair plus soutenue. Enfin, comme elle est maintenue en permanence sous l’eau, elle a également la particularité d’avoir un goût iodé très prononcé. »

    Mytiliculteur, c’est un métier rude et physique. Qu’est-ce qui vous anime et vous motive chaque jour ?

    Benoît : « Même si beaucoup d’outils nous aident aujourd’hui, cela reste en effet un métier physique, qui demande du courage et de la persévérance. Mais l’essentiel, c’est la passion. Avec François, on est animés par cette passion. On a la chance d’avoir un bureau à perte de vue, de se lever chaque matin avec la lune qui se couche et le soleil qui se lève, tout en étant notre propre patron, avec la capacité d’agir librement sur notre quotidien ! »
     

    Les moules : une chair savoureuse et 100% naturelle

    🗨️ Nos arrière-grands-parents, pionniers de l’aventure mytilicole, avaient pour habitude de conseiller l’achat de moules « dès que les blés sont mûrs jusqu’aux premières gelées… ».

    La moule, c’est un produit saisonnier, alors quelle est la période idéale pour en manger ?

    Benoît : « Comme tout produit que la nature ou la mer nous offre, c’est essentiel de respecter la saisonnalité, gage de qualité et de saveur optimale. Nos moules de bouchots CHARRON et FORT BOYARD sont récoltées quand le taux de chair dépasse 24%, dès juin et jusqu’en novembre. Les moules de corde (moules de filières) sont récoltées, quant à elles, en mai, juin et juillet.

    Où peut-on vous rencontrer et déguster vos délicieuses moules ?

    Benoît : « Chaque saison, dès le mois de mai, nous ouvrons notre cabane sur le Port de Pêche de Chef de Baie. L’occasion de se mettre à table pour profiter de la pleine saison des moules, mais aussi déguster des huîtres et autres coquillages frais et de saison, accompagnés de pain, beurre et l’inévitable verre de vin blanc ! Installés en terrasse avec vue sur le port et ses petits bateaux de pêche, nous accueillons nos clients tous les midis en semaine. Et en plus de les régaler, nous aimons tout particulièrement être présents avec eux pour partager notre métier et notre passion. »
     

    Avez-vous un souvenir de partage particulier avec des clients et qui restera longtemps gravé ?

    Benoît : « Nous vivons chaque saison de très beaux moments de partage, mais nous gardons en mémoire un souvenir qui nous a beaucoup touché. Un Noël, un client nous a amené un cadeau : une pièce métallique (sorte de trophée) qu’il a lui-même forgé et qui représente le logo des Moules Brothers. Ce client, nous l’avions un jour amené à la marée après l’avoir rencontré sur le marché de Coulonges-sur-l’Autize, nous avons donc noué un lien tout particulier. »

    Les bonnes adresses de Benoit et François

    La Baby Plage sur l’île d’Aix

    Au nord-est de l’île d’Aix, la Baby Plage est interdite à la baignade du fait de rochers trop dangereux. Mais avec ses allures de crique méditerranéenne au milieu de la végétation, cette plage magnifique et tranquille est idéale pour se poser et se ressourcer.

    Restaurant La Grand Rive à La Rochelle

    On aime beaucoup l’ambiance chaleureuse et accueillante de ce restaurant, mais aussi sa cuisine de saison et ses délicieux plats de poissons frais. Ici, on y mange des produits locaux et on profite d’une vue imprenable sur le Vieux-Port de La Rochelle.

    Le Port du Plomb, entre L’Houmeau et Nieul-sur-Mer

    Au Nord de La Rochelle, le Port du Plomb est un lieu plein de charme, presque confidentiel. Autrefois port de pêche et port ostréicole, il reste un petit port paisible pour les bateaux de plaisance. La vue sur la mer est vraiment belle depuis la jetée avec sa tourelle-balise rouge et blanche.

    5ème génération de la lignée des mytiliculteurs DURIVAUD

    Portraits de Benoit et François

    Il y a 100 ans, Henri DURIVAUD, l’arrière-grand-père de Benoît et François, piquait ses premiers pieux de bouchots dans la Baie de l'aiguillon. Depuis, si le matériel a évolué pour faciliter les rudes conditions de travail des métiers de la mer, les gestes manuels du métier se sont transmis de père en fils depuis 5 générations. Aujourd'hui, Benoit et François perpétuent la tradition familiale de boucholeur. 20 km de concessions identifiées, pieux issus de forêts gérées, densité maitrisée des moules sur pieux, ensemencement naturel, récolte en flux tendu, utilisation d’un minimum de matières plastiques, réemploi des pieux usés… Ces deux frères restent dans l’esprit « paysans de la mer », tout en valorisant le terroir et les hommes qui y vivent et en mettant l’accent sur la gestion rigoureuse et respectueuse de l’environnement. Benoît et François ont à cœur de proposer des moules sélectionnées, qu’ils ont eux-mêmes envie de manger ! Leurs moules de bouchot, par la certification Conformité Produit (CCP), garantissent aux consommateurs leur qualité sur bien des points : origine, traçabilité complète depuis le captage jusqu'à la récolte ou encore taux de chair minimum garanti.

    Thématique

    Écrit par

    Alison Boissard