Un passé inscrit dans la pierre
La Seconde Guerre mondiale à La Rochelle
Aujourd’hui encore, La Rochelle garde la trace de son occupation pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a été une ville portuaire stratégique pour le système de défense allemand. Du musée du Bunker en centre-ville à la base sous-marine de la Pallice, l’Histoire s’inscrit dans la pierre.
La Rochelle, pièce maîtresse du Mur de l’Atlantique
Important port de commerce, La Rochelle accueille les navires du monde entier. À la fin des années 1930, elle constitue une cible de choix pour quiconque souhaite contrôler les côtes françaises. Alors que la ligne Maginot cède, en 1939 et 1940, les réfugiés affluent. Mais le 23 juin 1940, après de violents bombardements, les Allemands imposent leur occupation. L’ennemi s’installe, expulse et prend ses quartiers tandis que la côte se hérisse des blockhaus et de batteries militaires. La population subit l’Occupation, la faim, les restrictions, les réquisitions et les déportations…
Une base sous-marine monumentale à La Pallice
Bien qu’elle ne se visite pas, la base sous-marine des U Boots s’inscrit dans le paysage ! L’immense bâtiment, construit à marche forcée en 1941, s’agrandit en 1943 : 23 000 m2, 25 mètres de hauteur accueillent 9, puis 13 sous-marins de la 3e flottille de la Kriegmarine. La Pallice est décrétée zone interdite, cible des bombardements alliés, en août 1944, qui détruiront en partie le quartier jusqu’à Laleu. Depuis, la base U Boots a connu son quart d’heure de célébrité grâce au cinéma (Les Aventuriers de l’Arche perdue), mais reste inaccessible au public.
Le bunker caché du centre-ville
Le commandement allemand prend ses aises en centre-ville, rue Albert 1er, place de Verdun ou à l’Hôtel de Ville. En toute discrétion, l’Occupant construit dans le prolongement de l’Hôtel des Étrangers, rue des Dames, un bunker souterrain de 280 m2, pour héberger en sécurité les sous-mariniers et leurs officiers. Bar, mess, chambres et dortoirs, c’est un véritable lieu de vie qui se déploie sous un immeuble banal. Préservé depuis 80 ans, il offre une plongée saisissante dans l’atmosphère particulière d’un espace secret sur lequel veille toujours l’inquiétant chat noir, emblème de la 3e flottille allemande.
Une ville libérée… À la toute fin
La Rochelle fut parmi les dernières villes libérées en France. Bombardés en août 1944 par les Alliés, La Pallice et Laleu sont en partie détruits. La ville se transforme en forteresse sur ordre de Berlin : la poche de La Rochelle est tenue jusqu’à la fin par les troupes allemandes. Miraculeusement épargné par les bombardements, le cœur de ville est alors préservé des destructions ennemies, grâce à une négociation entre l’Amiral Schirlitz et les troupes intérieures. Le jour de l’Armistice, le 8 mai 1945, la ville est enfin libérée.

Focus sur
Le courage de Léonce Vieljeux et la résistance
Léonce Vieljeux, armateur, président de la Compagnie Delmas Vieljeux est élu maire en 1930. En mai 1940, il refuse de remplacer les couleurs françaises qui flottent sur la Mairie par le drapeau nazi. S’opposant à l’Occupant, protégeant les résistants du réseau Alliance, il est destitué, puis expulsé en septembre 1940. En 1944, de retour à La Rochelle, il est arrêté. Il sera fusillé en septembre au camp de Stuthof à l’âge de 79 ans.

Lieux de mémoire et de commémorations
- À côté du Casino, un monument rend hommage aux Forces Françaises de l’Intérieur.
- À Chef de baie, une stèle discrète et émouvante se cache, derrière le blockhaus enseveli sous la végétation, pas très loin de la plage : sous le drapeau tricolore, elle invite à se souvenir des 12 résistants qui y furent fusillés.
- Le monument aux morts de La Rochelle, sur les allées du Mail, bien qu’érigé pour la Première Guerre mondiale, est désormais un lieu central de commémoration pour l'ensemble des conflits majeurs du XXe siècle.
- Plusieurs plaques commémoratives dans la ville signalent des lieux de rafle ou de déportation, des domiciles de résistants, des lieux de combats ou d’exécutions.
Pour mieux comprendre La Rochelle dans la guerre
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Écrit par
Nathalie Maynadier