Un événement sportif résolument tourné vers l’inclusion

Le Marathon de La Rochelle Serge-Vigot

Chaque année, à la fin du mois de novembre, le Marathon de La Rochelle Serge-Vigot, l’un des plus importants de France, transforme la cité maritime en vaste terrain de sport et de fête populaire. Au-delà de la performance sportive, l’événement s’est imposé comme un modèle d’accessibilité et d’ouverture, plaçant l’inclusion au cœur de son ADN.

Antoine Lamarche

Athlète

    Le Marathon de La Rochelle Serge-Vigot a toujours été engagé en faveur du handicap. En effet, l’organisation propose des frais d’inscription réduits, un départ de course différé pour être en sécurité, une invitation à la pasta party et l'hébergement offert le samedi soir pour les athlètes paralympiques. Le marathon, pour les non et mal-voyants et le semi-marathon fauteuil, sont également deux épreuves incontournables à La Rochelle.

    "On sent que l’organisation est sensibilisée et qu’elle fait les choses bien"

    Le Rochelais Antoine Lamarche participe à l’édition 2025 du semi-marathon, épreuve support des championnats de France. Le jeune homme ayant perdu l’usage de son bras droit s’alignera aux côtés des athlètes souffrant d’une déficience auditive, d’un handicap d’origine cérébrale ou encore, d’une amputation.

    Tu es triathlète,  4e au rang mondial dans ta catégorie PTS4. Qu'est ce qui t'a donné envie de te lancer dans le défi du semi-marathon ?

    Je me suis lancé dans le défi du semi-marathon pour tester mes limites autrement, renforcer ma course à pied pour le triathlon, sortir de ma zone de confort et vivre une expérience sportive forte, plus personnelle et symbolique que d’habitude.

    Pourquoi avoir choisi celui de La Rochelle ?

    J’ai choisi celui de La Rochelle parce que, pour moi, c’était plus qu’une simple course. En tant que Rochelais, j’ai passé des années à regarder le marathon depuis le trottoir, à encourager les coureurs, à rêver un peu en les voyant passer. À force d’être spectateur, l’envie de vivre l’événement de l’intérieur a grandi. La Rochelle, c’est chez moi, c’est là où j’ai construit mes premiers repères sportifs, et participer à une épreuve aussi emblématique avait une valeur particulière. Donc quand j'ai vu que c'était support des championnats de France de semi-marathon handisport, je me suis vraiment dit que c'était une occasion en or.

    Comment tu t'es entraîné pour cette épreuve ? Quel a été le moment le plus dur de ta préparation ?

    Je me suis entraîné de manière assez simple et naturelle, sans vraie préparation spécifique. Après deux semaines de coupure, j’ai repris l’entraînement environ quatre semaines avant la course, surtout pour retrouver des sensations, dérouiller la foulée et remettre un peu de rythme. L’objectif n’était pas de performer à tout prix, mais de prendre du plaisir et d’arriver sur la ligne de départ avec l’envie de courir — pas avec la pression d’un plan millimétré.

    Le moment le plus dur de la préparation ?

    Franchement, ça a été la reprise. Après une coupure, le corps n’est jamais aussi fluide qu’on l’a laissé : les premières sorties sont lourdes, les muscles râlent, et mentalement il faut accepter de repartir un cran plus bas. Ce petit passage où tu te demandes si les sensations vont revenir, c’est souvent le plus délicat. Mais une fois cette phase passée, tout redevient plus simple : tu accumules quelques kilomètres, ton souffle revient, et la motivation grimpe en même temps que ta confiance.

    Au final, l’objectif reste clair : prendre du plaisir, profiter de l’ambiance, et si un bon chrono se glisse au passage… tant mieux !

    Depuis ton accident qui t'a rendu invalide d'un bras, comment te sens tu ?

    Depuis l’accident, le chemin a été difficile, mais au fil du temps j’ai retrouvé un équilibre. J’ai dû réapprendre beaucoup de choses, mais le paratriathlon m’a permis de transformer cette épreuve en nouvelle force. Aujourd’hui, je me sens reconstruit, plus déterminé et finalement plus fort, autrement.

    Quelle place le sport occupe t-il dans cette nouvelle vie ?

    Le sport occupe une place centrale dans ma nouvelle vie. Avec environ 25 heures d’entraînement par semaine, il rythme mes journées, structure mon équilibre et m’apporte un cadre essentiel. Ce n’est plus seulement une activité physique : c’est devenu un moteur, un repère et une façon de continuer à avancer malgré les obstacles.

    Quel accueil le marathon de la rochelle réserve-t-il aux sportifs handi ?

    L’accueil du Marathon de La Rochelle pour les sportifs handis est vraiment excellent. On sent que l’organisation est sensibilisée et qu’elle fait les choses bien : logistique adaptée, bénévoles attentifs, ambiance chaleureuse… On n’a jamais l’impression d’être « à part », au contraire, tout est fait pour que chacun vive pleinement sa course.

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    Écrit par

    Julia Tourneur